Fabriquer une guimbarde

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Fabriquer une guimbarde

Voici un tutoriel pour vous aider à fabriquer un instrument en bambou : de facture très simple, car le cadre et la languette sont rectangulaires, et tout est symétrique.
Cette guimbarde est inspirée d’instruments Népalais, mais on trouve des formes similaires en Mongolie, et en Inde.

Il existe des tas de formes possibles, le tout est de respecter quelques principes, pour le travail du bambou, ainsi que pour l’équilibrage de l’instrument. L’essentiel est dans la persévérance et l’expérience !
Je pense qu’il faut au moins deux ou trois essais, avec quelques tâtonnements pour les réglages finaux, pour obtenir un instrument qui sonne vraiment.

[highlight]AVERTISSEMENT : le bambou est un matériau relativemment facile à travailler, mais l’utilisation d’outils tranchants (cutter, ciseaux à bois) peut être dangereuse !
Soyez donc très prudents, et responsables[/highlight]

Fabrication de la guimbarde

Matériel nécessaire :

– Du bambou (eh oui !) diamètre le plus gros disponible, minimum 4 cm
– 1 cutter, petit modèle avec blocage de la lame
– Une dizaine de lames adaptées, voir plus si la qualité laisse a désirer, et parfois encore plus pour les premiers essais
– Une petite scie à métaux, c’est idéal pour le bambou
– Papier de verre pour la finition (pour enlever les fibres restantes)
– Un petit ciseau à bois, pour amincir la languette. Bien sur pas plus large que la languette (j’utilise 4, 8 ou 10 mm de large)
– Une perceuse, ou une vrille pour les plus délicats (risque d’éclatement du bambou), avec forêt du diamètre de la ficelle
– Une BONNE paire de yeux
– Pas mal de patience
– De la ficelle !!! J’utilise de la ficelle de lin, diamètre 1 à 2 mm. Les ficelles synthétiques sont plus résistantes, mais souvent élastique, ce qui empêche la vibration de bien se transmettre dans l’instrument.
– Idéalement : un modèle en vrai, au pire quelques photos pour les plus motivés, ou de l’ingéniosité (l’imagination marche moyen à ce niveau là…)

Définition de quelques termes utilisés :

Ébauches de guimbardes. La partie pelée sert de repère sur le coté exterieur, après tracage coté intérieur.
Ébauches de guimbardes.
La partie pelée sert de repère sur le coté extérieur, après traçage coté intérieur.

Embouchure : c’est la où on met la bouche
Languette : c’est ce qui vibre
Cadre : ce qui entoure la languette
Talon : l’extrémité du bambou qu’on actionne pour jouer, avec la main, ou une ficelle

Surcharge : c’est la partie non amincie qui est au bout de la languette, ou entre l’ embouchure et la base de la languette.

Ébauche

Fendre le bambou, couper le morceau choisi à la longueur voulue ( de 11 à 25 cm, selon le « style » de guimbarde recherchée), et rendre plat le coté intérieur.
Retailler en largeur pour avoir la même épaisseur des deux cotés… (comme le morceau est en arc de cercle, plus on aminci, plus les bords sont fins), pour arriver entre 1.5 et 2 cm de large, et environ 2 mm sur les bords.

Tracer la forme de la languette

 

La largeur de l'index peut servir de gabarit pour tracer les deux cotés de la languette par rapport aux extrémités.
La largeur de l’index peut servir de gabarit pour tracer les deux cotés de la languette par rapport aux extrémités.

 

On peut aussi prendre des repères de l’autre coté, très utiles pour les coupes perpendiculaires aux fibres.

Le ciseau à bois (largeur 8 mm), est utilisé pour terminer le repérage. D’autres dimensions sont bien sur possibles.

Traçage de la languette, coté intérieur.
Traçage de la languette, coté intérieur.

 

 

 

 

 

 

 

Découper la languette de la guimbarde

Commencez par le coté intérieur, le plus mou, en coupant en V, pour éviter que ça ne fende d'un bout à l'autre.
Commencez par le coté intérieur, le plus mou, en coupant en V, pour éviter que ça ne fende d’un bout à l’autre.

Découpez les deux grands cotés de la languette, jusqu’à la moitié de l’épaisseur, ou jusqu’à atteindre la partie externe plus dure.

Libérez l'extrémité de la languette.
Libérez l’extrémité de la languette.
Commencez là aussi par le coté intérieur du bambou, puis par l'extérieur lorsque vous atteindrez la partie dure.
Commencez là aussi par le coté intérieur du bambou, puis par l’extérieur lorsque vous atteindrez la partie dure.
Coupez les fibres perpendiculairement, jusqu'à la moitié de l'épaisseur, coté talon.
Coupez les fibres perpendiculairement, jusqu’à la moitié de l’épaisseur, coté talon.

Pour ne pas risquer de soulever les fibres jusqu’au bout de la pièce de bambou en amincissant la languette.
N’oubliez pas la surcharge avant de commencer à amincir la languette.

Pour tracer la surcharge, les doigts sont aussi de bons gabarits. Voyez large, quitte à en enlever à nouveau lors des finitions.
Pour tracer la surcharge, les doigts sont aussi de bons gabarits. Voyez large, quitte à en enlever à nouveau lors des finitions.
Utilisez le ciseau à bois pour ébaucher l'épaisseur de la languette.
Utilisez le ciseau à bois pour ébaucher l’épaisseur de la languette.

Commencez du côté de la surcharge, en coupant vers le talon.

[highlight]Quand on peut distinguer la lumière (d’une lampe ou du soleil) à travers le bambou, on peut attaquer par l’autre coté, et dégager complétrement la languette.
Soulevez délicatement les fibres pour les tirer, et les couper si besoin.
Quand c’est coupé partout, on peut décoincer la languette et la plier un peu pour mieux la dégager et enlever un maximum de fibres.
Attention à bien couper tous ce qui est perpendiculaire au sens des fibres, sinon ça

se soulève et ça emmène un gros morceau de bambou lorsqu’on dégage la languette.[/highlight]

Le point sensible, c’est l’embouchure, les 3 ou 4 cm tout au bout de la languette, la partie correspondante sur le cadre.
A cet endroit, il faut le plus petit espace entre cadre et languette, ce qui donnera plus de volume et plus d’harmoniques.
Ailleurs, aucune importance, il faut juste que ça vibre sans toucher le cadre, ou des fibres.

On vérifie qu'il ne reste pas de fibres
On vérifie qu’il ne reste pas de fibres

Finition

Percer à chaque extrémité pour passer les ficelles.
Percer à chaque extrémité pour passer les ficelles.

Cela vous permettra de tester l’instrument pour terminer sa fabrication.
Tout en testant le son, amincir encore la base de la languette, enlever éventuellement de la matière sur le talon. C’est dans cet équilibrage que tiendront une bonne partie des qualités sonores de l’instrument.
Contrôlez régulièrement l’épaisseur de la languette, pour qu’elle soit régulière.

[highlight]C’est une étape délicate : la marge de manœuvre est réduite : on a d’abord « trop épais » sans vibration, puis une nette amélioration en amincissant, mais un coup de ciseau de trop peut définitivement saboter l’instrument. Allez y doucement, tout en contrôlant la sonorité.
Poncer les bords entre cadre et languette.

Autour de l’embouchure : à l’extérieur du cadre, la ou on pose les lèvres, il faut au moins poncer, ou, mieux, casser légèrement l’angle du morceau de bambou : indispensable pour le confort.[/highlight]

Décorer la guimbarde , c’est possible : peinture, gravure, pyrogravure, pompons, breloques…

Aman huur - Mongolie
Aman Khuur – Mongolie

Vidéo d’un joueur de Guimbarde en Inde

Pour plus d’information sur les guimbardes visiter:  http://guimbarde.free.fr/Accueil.html

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